17 mars 2008
Comment me rendre folle en 10 leçons.
Pour mon anniversaire, l'Homme m'a offert une montre. Une jolie montre Morgan, toute brillante dans sa boiboite noire, reposant sur son petit coussin en cuir. Sauf qu'étant d'un naturel chiant, capricieux et autres qualificatifs qui font de moi une personne facile et agréable à vivre, je l'ai trouvé trop... pas assez... bref. Pas vraiment à mon goût.
Oui c'est bon, j'entends d'ici les "quoi, tu oses critiquer les cadeaux qu'on te fait et blablabla ???", silence, la suite vous prouvera que j'ai été bien assez punie pour ça.
Après avoir harcelé l'Homme 40 000 fois de "t'es sur que ça te dérange pas qu'on la change, hein ? Hein ? Hein ?", ce à quoi l'Homme a répondu inlassablement 40 000 fois avec (beaucoup de) patience "non ça ne me dérange pas" (même si je sais que ce n'était qu'un mensonge pour éviter tout débordement), nous sommes donc retournés à la bijouterie. Malheur nous en prit.
Dame Bijoutière manque de s'étouffer avec ses perles de Tahiti quand elle entend que sacrilège, je viens échanger la montre.
"Non mais vous vous rendez compte, il l'a choisi pour vous, et vous, vous la ramenez !" (+ regard noir de circonstance).
Plus jamais je viendrai chez toi.
Je choisis une montre et comme c'est prévisible vu que je tape dans la catégorie Poids Plume, le bracelet de la montre est 10 fois trop grand. Et c'est parti pour une guerre psychologique des plus acharnées.
Dame Bijoutière : il faut enlever 3 maillons.
Moi : 3 maillons de moins, ça va être trop serré.
Dame Bijoutière : vous avez un poignet très fin, il faut enlever 3 maillons.
Moi : 3 maillons de moins, ça va être trop serré.
Dame Bijoutière : nous allons donc enlever 3 maillons !
1-0 pour la femme aux bijoux cailloux genoux. Elle prend mon nom, mon numéro de téléphone, et envoie ma montre à l'atelier.
Trois jours passent. Nada.
Une semaine passe. Nada.
Une semaine et un jour passent. Nada.
L'Homme décide donc d'appeler et là, c'est un festival de cris qui l'accueille au téléphone. "Je ne vous ai pas appelé ? Mais la montre est prête depuis longtemps ! Vous êtes sur que je ne vous ai pas appelé ? Parce que moi j'appelle tout le monde ! Vous êtes vraiment sur que je ne vous ai pas appelé ?".
Nous retournons donc à la bijouterie, je suis toute contente de pouvoir enfin récupérer ma montre et j'ai presque envie de faire la bise à la bijoutière. Elle me sort la montre de la boite et là, c'est le drame. C'est la lutte Bijoutière VS Fermoir de la montre. Après 5min à s'escrimer avec le fermoir en menaçant de me péter une veine avec ses ongles, j'ai l'impression d'avoir une menotte au poignet.
Moi : c'est trop serré...
Dame Bijoutière : vous êtes sure ?!?! (je crois que je n'ai jamais eu autant envie de la tuer qu'à ce moment précis).
Moi : je vous ai dit que 3 maillons, ça allait être trop serré...
Dame Bijoutière : oh c'est pas grave, on va la renvoyer à l'atelier et faire ajouter un maillon ! Je vous rappellerai !
Envie de meurtre : on.
Dieu merci, 2 jours après, elle m'appelle en écorchant mon nom au passage, c'est réglé, je reviens une ultime fois mettre les pieds chez elle avec l'intime conviction qu'on ne se reverra heureusement plus. La montre est parfaite même si elle n'a pas pu s'empêcher d'ajouter 2 maillons au lieu de 3. Bref, tout est bien qui finit presque bien.
Parce qu'un jour et demi plus tard, la montre ne marche plus. Plus de piles. Je crois que je viens de gagner la montre de la poisse.
Dans deux jours, revenez lire comment ma montre s'est fissurée toute seule alors qu'elle reposait dans sa boite ou comment une météorite a réussi à transpercer mon toit pour finir sa course pile sur elle.
Ca m'apprendra à vouloir échanger les cadeaux, tiens.

